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Le métavers: un danger pour les relations ou une source d’opportunités pour les RH?

Le métavers est-il une horreur à combattre ou la promesse de nouvelles situations dont le monde du travail pourrait bénéficier ?

D’après Mark Zuckerberg, le métavers sera utilisé par des millions de personnes d’ici à peine cinq ans. Est-ce exact ? Et surtout, cela sera-t-il utile dans le monde des RH ? 

Chez Reverse, nous avons lancé des expériences pratiques afin de répondre à ces questions le plus rapidement possible, du moins en ce qui concerne le domaine des Ressources Humaines.

Nous nous sommes fixé un objectif précis et concret : déterminer si le fait d’organiser nos réunions plénières dans le métavers pouvait les rendre plus efficaces.

Dans cet article, nous vous faisons découvrir, étape par étape, les expériences que nous avons menées afin de savoir s’il est possible d’accroître l’engagement des équipes en transférant dans le métavers ces temps de rencontre d’une entreprise.


  1. Les premières expériences dans le domaine des Ressources Humaines (et au-delà)
  2. Les expérimentations pratiques des PDG de Reverse
  3. À quel moment le métavers devient-il intéressant pour les RH ? Notre expérience
  4. Intégrer le métavers : notre projet concret
  5. Les limites du métavers pour les RH (du moins pour l’instant)
  6. Et à l’avenir, que se passera-t-il?

1. Les premières expériences dans le domaine des Ressources Humaines (et au-delà)

Commençons par examiner les recherches à partir desquelles nous avons conçu nos expérimentations.
Si vous souhaitez passer directement à nos tests concrets, veuillez vous rendre au point 2. Si en revanche vous souhaitez découvrir les fascinants systèmes que les entreprises déploient dans le métavers, poursuivons ensemble.

Lorsque nous avons décidé d’entamer notre voyage Reverse dans le Métavers, nous souhaitions suggérer à nos équipes des solutions dans lesquelles nous avions déjà un certain degré de confiance.

Nous avons donc regardé ce qui se fait dans d’autres entreprises. Et voici ce que nous avons trouvé. 

La start-up indienne NextMeet promet d’améliorer la formation et la collaboration entre collègues grâce à sa technologie de réalité virtuelle basée sur des avatars. PixelMax propose d’accompagner les organisations dans la création de lieux et d’événements virtuels. L’entreprise promet entre autres de renforcer la cohésion au sein des équipes grâce à une expérience 3D ludique. Sa solution prévoit même un espace bien-être où il est possible de commander de la nourriture, un espace virtuel où chacun se plaît à passer du temps. Gather affirme que son Métavers est utilisé par plus de 10 000 équipes dans le monde. L’offre a séduit des marques importantes dans le secteur de l’innovation, comme Y Combinator.

On trouve également de nombreuses applications dans le domaine de la formation : Medivis, une entreprise spécialisée dans les technologies pour blocs opératoires, utilise la solution HoloLens de Microsoft pour former les étudiants en médecine à travers la manipulation 3D de modèles virtuels ; l’université d’État du Michigan dispense désormais des cours par le biais de cette réalité virtuelle. On trouve sur Internet de nombreux autres témoignages.

Toutes ces innovations sont fascinantes, mais qu’en est-il en dehors du monde professionnel ? Le métavers est-il également attrayant pour la vie de tous les jours ? Pour répondre à cette question, nous avons cherché des exemples de réussite en dehors du monde du travail, et la réponse est oui : le métavers s’applique à de nombreux domaines, et l’univers du divertissement, comme le monde des affaires, expérimente ses potentialités.

Deux exemples dans le milieu sportif :

  • Grâce au métavers, il est possible d’acheter un billet de NBA et de regarder virtuellement un match. Comment cela fonctionne ? Après avoir enfilé le casque, vous pouvez rejoindre directement Horizon Venues et assister à un événement que vous ne pourriez peut-être pas vous permettre en personne, puisqu’il coûte environ 10 000 dollars ;
  • La dernière édition de l’Open d’Australie s’est invitée sur le portail Decentraland ; plusieurs événements dédiés ont ainsi été organisés dans le métavers.

Comme toujours, les grandes entreprises sont précurseurs, mais nous ne pouvons pas nous cacher derrière la sempiternelle excuse « nous ne sommes pas Google, ce n’est pas pour nous ». À la vitesse où le monde évolue, ce qui est déjà une réalité pour la NBA aujourd’hui le sera pour nous demain.

2. Les expérimentations pratiques des PDG de Reverse

Le voyage de Reverse dans la réalité virtuelle a commencé par des expériences pratiques conçues pour répondre à la question suivante : nos réunions mensuelles, qui rassemblent plus de 100 Reversers de quatre pays différents, peuvent-elles susciter un engagement et une implication encore plus forts si on les transfère dans le métavers ?

À partir de cette question, nous avons élaboré des tests et affronté les doutes qui ont émergé, tant sur le plan pratique qu’éthique, afin de savoir si les RH ont un avenir virtuel, et si oui, lequel

Mus par notre attrait de la nouveauté (notre marque de fabrique), nous avons commencé à nous demander comment introduire le métavers dans l’entreprise, en considérant les aspects techniques mais aussi psychologiques. 

Mais partons du début : comment accède-t-on au métavers ? 

2.1 Comment entrer dans le métavers

Tout d’abord, nous avons constaté que les portes du métavers s’ouvrent simplement avec une connexion Internet et un compte sur l’une des plateformes du monde virtuel. Il n’y a pas un unique métavers, mais une pluralité de mondes auxquels il est possible d’accéder. Les principaux univers que nous avons identifiés sont Decentraland, Sandbox, Stageverse, la Windows Mixed Reality de Microsoft et, bien sûr, Oculus, la solution créée par Mark Zuckerberg vers laquelle nous nous sommes tournés.

La première décision importante a concerné le choix du casque : nous avons opté pour l’Oculus Quest 2 (449,99 €), qui peut s’utiliser sans aucun autre dispositif matériel et même sans ordinateur. Une chose intéressante que nous avons tout de suite remarquée est la fonction audio « positionnelle » : le son change en fonction des mouvements de la tête détectés par les capteurs de suivi. Deux joysticks permettant d’interagir avec les personnes et surtout les objets du métavers sont également inclus. 

Ainsi, l’Oculus en place et les joysticks en main, nous avons entamé notre aventure à la découverte de ce monde. 

2.2 L’expérience de nos PDG 

Nos PDG Daniele Bacchi et Alessandro Raguseo ont été les premiers à s’immerger dans le métavers pour le tester.

Voici le retour d’Alessandro sur son expérience : 

« La première rencontre avec le métavers s’est produite en lisant divers articles, juste quelques aperçus. Puis, très clairement, le choix de Zuckerberg de changer le nom de l’entreprise Facebook en Meta m’a fait penser que ses attentes étaient à tout le moins élevées. Qu’il ne s’agissait pas d’une banale formule à la mode. Mais je l’ai laissé là, comme quelque chose de lointain.

Et puis, Daniele, mon associé, a commencé à suggérer d’organiser des réunions dans le métavers. Je me souviens parfaitement lui avoir dit que c’était absurde, que de toutes façons nous les faisions déjà par vidéoconférence et que le métavers me semblait trop risqué, trop tôt. Mais évidemment – je m’en rendais compte – mon jugement était basé sur des a priori, sans expérimentation et donc très loin de notre culture. Appelons ça de la résistance. Cette dernière s’est effondrée lorsque Daniele a acheté son Oculus : le mien est arrivé le lendemain. C’était le soir, j’ai configuré l’appareil et je suis entré. C’est donc lors de mon séjour physique et concret à Bologne que j’ai fait mon introduction officielle dans le métavers. Je me suis senti un peu stupide aux yeux de ma femme et de ma fille, avec ce casque et les joysticks dans les mains : au loin, alors que je quittais le monde terrestre, j’entendais leurs voix qui disaient, en substance : « Mais qu’est-ce que tu fais ? ».

Daniele m’avait donné rendez-vous ce soir-là dans le métavers. Mais où ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Comment ça ? Je réfléchissais. En tout cas, j’étais rentré : j’ai testé quelques jeux (je suis presque tombé par terre) et des vidéos immersives, incontestablement impressionnantes. Puis dans le menu, j’ai vu l’onglet « événements » et je suis entré. C’était une espèce de foyer virtuel, où plusieurs personnes discutaient. Enfin, leurs avatars. Impressionnant, parce que plus je m’approchais d’eux, plus le volume de leurs conversations augmentait, exactement comme dans la vie réelle. Certains m’ont approché pour bavarder, mais généralement, devant ce type d’initiatives, je m’enfuyais. Je suis entré dans un événement, le concert de Snoop Dogg. Il devait y avoir une vingtaine de personnes. Puis au deuxième étage, dans un coin, je vois « Danibac » (on peut lire les noms au-dessus des avatars). Un type, enfin, l’avatar d’un type, avec une cravate : Daniele Bacchi. Je me souviens lui avoir demandé : « Mais attends, tu mets une cravate pour venir au concert de Snoop Dogg toi ? ». Il y avait du bruit et on avait du mal à se parler, donc on est allés dans le foyer pour discuter, avec nos avatars. J’ai l’impression que ce soir-là je suis allé, presque, au concert de Snoop Dogg et que j’y ai rencontré Daniele et que nous avons parlé. Presque.

Je ne peux pas encore dire avec certitude si j’ai aimé ou pas, mais une chose est sûre, c’est troublant. Mes réflexions : c’est un outil puissant, plus réaliste que je ne l’imaginais et inévitablement destiné à s’améliorer. Lorsque je jouais aux premiers jeux électroniques (le tennis avec des barres et une balle de 5 pixels blancs qui allait de part et d’autre), j’étais clairement incapable d’imaginer ce qu’offre aujourd’hui la Playstation 5. Si la courbe d’amélioration du métavers est ne serait-ce que semblable à celle des jeux vidéo, alors nous nous retrouverons face à des possibilités et applications infinies. J’ai encore un doute sur la manière dont nous allons gérer ce mix entre monde réel et virtuel qui va se créer. Je me demande, par exemple, si nous aurons là-bas une constitution et des lois universelles. Si nous commettons un crime là-bas, allons-nous purger notre peine ici ou là-bas ? Et inversement. Le monde virtuel pourrait manquer d’humanité et devenir hors de contrôle. Voire inhumain. Et finalement, je me dis que le métavers avait déjà été inventé par Dante dans son Enfer peuplé uniquement d’âmes, reflet de la misère morale à laquelle se livrait l’humanité déchue de son époque. Voilà, j’y vois un parallèle. »

Un long témoignage, mais il n’est pas facile de raconter en peu de mots une expérience aussi marquante. 

Voici maintenant le récit de Daniele qui, toujours guidé par son mantra « Essayer avant de juger », a accueilli à bras ouverts le défi du métavers. 

« La première question que je me suis posée était celle-ci : le métavers peut-il révolutionner le monde du travail, du recrutement, du parcours d’intégration, de la formation, de la collaboration, des RH ? La réponse que je me suis donnée est oui ; déjà au cours de ma première expérience de 30 minutes, j’en ai eu la certitude. La réalité virtuelle n’est pas un phénomène passager. 

Je peux dire que la technologie, comparée à l’époque où j’ai testé Oculus il y a quelque temps, a fait d’énormes progrès. Aujourd’hui, la vision est nette et l’interaction avec ce qui se trouve dans le métavers est très réaliste. 

Si l’on me demandait dans quelle phase du processus RH il serait déjà intéressant d’investir, je pense que je répondrais le parcours d’intégration et la formation. À mon avis, cela peut rendre l’expérience encore plus intéressante que dans le monde physique. Mais inversement, pour un entretien en face à face, l’absence de véritables expressions faciales constitue peut-être encore une limite importante. Je pense toutefois que le métavers peut avoir un impact très puissant sur l’image de marque de l’employeur avant le recrutement

D’autres points faibles ? Sûrement la configuration initiale et le coût de l’Oculus. Dans le premier cas, les réglages peuvent être compliqués pour les personnes qui ne possèdent pas au moins une aisance moyenne avec le numérique, et dans le second cas, le coût peut sembler prohibitif si l’on veut organiser des réunions d’entreprise de grande envergure. 

Mais dans l’ensemble, je peux dire que le métavers peut constituer un véritable avantage concurrentiel dans le monde d’aujourd’hui. De plus, les politiques archaïques et les technologies obsolètes ne sont plus acceptables. Dans le métavers, il faudra repenser l’approche : nous devons apprendre des jeunes générations et étudier leurs habitudes, car ce sont eux les actifs de demain. Il sera fondamental d’investir du temps dans la formation et d’explorer libres de tout préjugé. »

Une réflexion se dégage des propos de Daniele Bacchi : les entreprises ne doivent pas se laisser prendre au dépourvu, comme cela a pu être le cas pour la transformation numérique. 

« Et cela vaut également pour les plus sceptiques : personne ne sait à quoi ressemblera l’avenir du monde des entreprises, mais l’important est de connaître et de comprendre ce qui se passe autour de nous, même s’il s’agit de nouveautés très éloignées de nos intérêts personnels. C’est le seul moyen d’opérer des choix conscients et de guider nos équipes », rappelle Daniele Bacchi.

Pour l’instant, le métavers demeure un point d’interrogation, mais il est nécessaire de le connaître pour ne pas se laisser surprendre. 

C’est pourquoi nous ne nous sommes pas arrêtés à nos PDG. 

3. À quel moment le métavers devient-il intéressant pour les RH ? Notre expérience

À cette étape de l’aventure, nous avons passé le casque à d’autres Reversers et les avons observés pendant qu’ils expérimentaient afin de connaître leur avis. 

L’objectif était double : 

- Déterminer si, pour les réunions et les entretiens, l’expérience dans le métavers est plus ou moins efficace par rapport à celle d’un appel vidéo classique ;

- Identifier si les entreprises ont intérêt à être présentes dans le métavers pour se faire connaître des candidats (entre autres).

Et voici ce que nous avons observé.

Commençons par le premier point : le métavers peut-il renforcer l’engagement lors des réunions et des entretiens ? En résumé :

Assurément, en matière de divertissement, l’effet est renversant : non seulement on peut survoler Petra dans la réalité virtuelle, mais l’expérience paraît réelle ; l’impression d’immersion est bluffante. L’effet est également époustouflant dans les jeux vidéo : par exemple, la sensation de tomber à toute vitesse d’une falaise est vertigineuse.

En revanche, une salle de réunion virtuelle est loin de produire un effet aussi renversant. 

L’inconvénient majeur ? Le métavers supprime la dimension physique. Un visage, même à travers une webcam, transmet bien plus de choses qu’un avatar et il n’est pas possible de remplacer efficacement les expressions humaines.

Il y a donc peu de chances pour que le métavers soit plus efficace pour les réunions professionnelles et pour les entretiens. Nous sommes loin de disposer à ce jour de quelque chose qui apporte une réelle valeur ajoutée à cet égard. 

Toutefois, notre équipe People&Culture entrevoit une possibilité prometteuse : le métavers présente un intérêt pour les RH en matière de formation expérientielle à distance. Aujourd’hui, le grand problème de la formation à distance est l’engagement : on n’a jamais l’impression d’être vraiment impliqué, malgré l’utilisation d’outils numériques. Le métavers, en revanche, est très efficace en matière d’interactions. L’utilisateur a la sensation d’entrer dans un jeu vidéo et cela produit un effet puissant, du genre qui ne laisse pas indifférent : faire vivre cette expérience à ses collaborateurs dans le cadre d’un parcours de formation peut constituer une expérience mémorable, avec un fort impact aussi sur le plan pédagogique.

Passons maintenant au second point : est-il utile d’explorer le métavers et d’y faire entrer son entreprise, au moins pour lui donner de la visibilité ?

Ici, la réponse pourrait être oui.

Lorsque la tendance du métavers a commencé à se diffuser, de nombreux candidats d’excellence ont commencé à le fréquenter. Nous avons croisé leurs avatars assis dans les tribunes virtuelles d’un match de NBA, à voir défiler sous leurs yeux le nom des sponsors et se forger une opinion sur les entreprises qu’ils y voient

Une idée émerge donc : si cette tendance se poursuit, c’est-à-dire si les candidats continuent de fréquenter la réalité virtuelle, alors il pourrait être opportun d’accroître la notoriété de son entreprise et de promouvoir son image de marque d’employeur dans le métavers

Un élément très important doit être pris en compte : si nous voulons être cohérents avec le principe « les personnes au centre », la devise de tous ceux qui travaillent dans les RH, alors nous ne devons jamais ignorer quels sont les intérêts des personnes que nous voulons toucher. Nous devons savoir où elles se trouvent et quels lieux elles fréquentent, même virtuels.

Si les candidats se trouvent dans le métavers, alors les entreprises doivent en explorer les possibilités et s’y montrer. 

4. Intégrer le métavers : notre projet concret

Nous avons fait bien plus que tester les espaces virtuels déjà présents dans le métavers, nous en avons créé un : une salle virtuelle destinée à accueillir les nouveaux salariés et à les accompagner dans leur parcours d’intégration.

Dans la vidéo ci-dessous, vous verrez comment nous avons créé notre propre réalité virtuelle d’entreprise afin d’accueillir les nouveaux Reversers – les newbies, comme nous les appelons. Grâce à l’application Arthur, nous accompagnons les nouveaux collaborateurs dans un parcours structuré en cinq étapes, de la salle d’attente de notre bureau virtuel aux aires de travail et à l’espace détente, le tout agrémenté de vidéos et de présentations. 

Le métavers offre aux entreprises la possibilité d’utiliser des espaces préconfigurés, par exemple un bureau, un chalet de montagne ou la lune. Il est également possible de partir de zéro et de construire un espace virtuel représentant fidèlement ses bureaux, ou bien de créer différents environnements liés à son activité. 

Par exemple, une entreprise du secteur alimentaire peut organiser un parcours d’intégration dans un restaurant, dans un champ de maïs et dans les allées d’un supermarché, afin de montrer au nouveau salarié des lieux correspondant à son activité. 

Après avoir créé notre espace virtuel, nous avons demandé à plusieurs collègues de tester cette expérience dans le métavers, puis nous avons recueilli leurs impressions : ils l’ont trouvée intéressante pour le nouveau salarié, mais en même temps, ils ont jugé ce monde compliqué à explorer à cause de manettes trop peu intuitives.

5. Les limites du métavers pour les RH (du moins pour l’instant)

Si un voyage dans la réalité virtuelle constitue une expérience exaltante, nouvelle et divertissante (et tout le monde le dit), des doutes subsistent quant à sa facilité d’utilisation. Est-il aisé d’entrer et de sortir du métavers ? 

Tout d’abord, comme nous l’avons vu, l’absence de dimension physique est un élément particulièrement handicapant : le monde des RH se nourrit de contacts, de relations, de formes d’expression humaines ; se retrouver en face d’avatars et non de personnes peut constituer un frein important. 

Mais existe-t-il d’autres obstacles, au-delà de la dimension physique ? Malheureusement oui, concernant les aspects structurels et économiques.

Le coût de l’Oculus est encore élevé : pour les événements d’entreprise, l’unique solution serait de louer ces appareils, mais ce service est pour l’instant peu répandu. 

Et cet inconvénient vaut pour tous les pays où Reverse est implanté : l’Italie, l’Allemagne, la France et l’Espagne. 

En Allemagne, en particulier, le métavers suscite beaucoup d’intérêt, mais il n’est pas envisageable de dépenser de grosses sommes d’argent pour une solution qui n’a pas encore été testée. Sans compter qu’en dehors des villes modernes comme Munich ou Berlin, beaucoup d’entreprises sont encore mal équipées pour le télétravail et l’idée de revenir à un fonctionnement en présentiel séduit énormément les entreprises allemandes de taille moyenne.

On peut en dire autant de multiples entreprises dans les autres pays mentionnés précédemment. 

Par conséquent, investir des sommes importantes pour un outil numérique qui encourage le télétravail et la flexibilité n’est probablement pas la priorité des entreprises pour le moment. 

De plus, les développeurs et spécialistes du métavers sont des profils rares. Aucun doute que leur nombre va croître rapidement mais, du moins pour l’instant, il est difficile de les trouver. 

Une autre question : « Et si je dois gérer des expériences complexes de longue durée ? ». Un problème se pose ici, celui de la faible autonomie de l’Oculus. Le casque a en effet une autonomie d’environ deux heures, ce qui peut être insuffisant. 

Enfin, un dernier point, et non des moindres : les vertiges. Il faut bien se représenter que l’Oculus peut donner une sensation de nausée ou de vertige, surtout chez les personnes qui n’ont pas l’habitude des jeux vidéo. Plusieurs Reversers l’ont d’ailleurs évoqué. Ils ont eu un petit choc lorsqu’ils ont retiré le casque pour revenir dans la réalité. 

6. Et à l’avenir, que se passera-t-il?

Comme tout ce qui est nouveau, le métavers est teinté d’une aura de mystère qui peut susciter des craintes et des résistances, ou au contraire faire l’objet d’un enthousiasme inconscient. Les entreprises ne sont pas obligées d’être présentes dans le métavers, en revanche elles doivent le connaître et en faire l’expérience par elles-mêmes. 

Aujourd’hui, il est important de se forger une opinion sur le métavers et d’en exploiter les avantages, s’ils sont raisonnables.

D’après nous, le métavers pourra trouver sa place dans le monde des RH de demain s’il vient en complément de la réalité physique, et non en remplacement.

Le numérique peut améliorer la réalité s’il devient son allié.

Un exemple concret : dans tous les pays où Reverse est présent, nous avons participé à une compétition sportive en ligne organisée par Action contre la faim. Nous étions divisés en équipes, chacun de nous a utilisé une application de suivi de l’activité physique, et nous avons rivalisé avec d’autres entreprises implantées dans toute l’Europe. La technologie numérique nous a donc permis de nous amuser entre nous, y compris avec des collègues italiens et allemands que nous n’avons pas souvent l’occasion de voir, et d’encourager la pratique d’une activité physique comme la course à pied. Des points supplémentaires sont d’ailleurs attribués quand le sport est pratiqué avec des collègues, afin d’encourager la dimension sociale.

C’est un bel exemple de la façon dont la technologie peut venir enrichir la réalité, lorsqu’elle est bien utilisée. 

Mais attention, envisager de changer d’emploi ou intégrer une nouvelle entreprise, ce n’est pas comme acheter un T-shirt de créateur pour son avatar. Les enjeux sont nettement plus élevés. 

Nous devons donc chercher à maintenir l’équilibre entre prudence et innovation. Quels sont les risques ? D’un côté, que le métavers fasse l’objet d’un rejet total de la part de nombreux responsables RH ou à l’inverse, que les responsables RH se lancent avec une trop grande légèreté dans l’aventure métavers juste pour montrer qu’ils ne sont pas dépassés. Il ne s’agit pas d’une course au plus tendance, mais d’une compétition sérieuse dans la quête des talents, c’est-à-dire pour faire une différence dans la vie des gens.

Dans tous les cas, le voyage n’est pas terminé. 

Il reste encore un long chemin à parcourir avant que le métavers ne soit utilisé dans le monde des RH, mais puisqu’il s’agit d’un univers en constante évolution, nous en suivrons chaque développement. 

Difficile à ce stade de déterminer si le métavers est une simple tendance éphémère ou s’il incarne une possibilité concrète pour l’avenir.

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